Quelle était ta filière au lycée et peux-tu nous dire quel type d’élève tu étais ? 

J’ai intégré la filière scientifique au lycée, spécialité SVT, pas vraiment par choix mais plutôt par hésitation : j’hésitais sur ce que je voulais faire : médecin ? engagement politique ? aussi me suis-je dit que la filière scientifique serait celle qui me fermerait le moins de portes. En classe, j’étais plutôt très bonne élève (j’avais un an d’avance sur mes camarades) mais plutôt de nature distraite et fainéante. Je faisais toujours tout au dernier moment (la veille), parfois de manière un peu négligée, et je n’étais pas passionnée. Je pense que ça a joué pour la suite de ma scolarité. 


Qu’as-tu fais après le bac ? Peux-tu nous décrire un peu les matières de tes formations et vers quelle(s) poursuite(s) d’étude(s) celles-ci mènent ? 

J’ai un parcours assez long et éparpillé après mon bac obtenu en 2012 (même si avec le recul, je ne regrette rien), j’ai tout d’abord fait une 1ère année de PACES à Paris VI, qui m’a essentiellement apporté un burn-out et un dégoût presque définitif pour l’étude des matières scientifiques. Evidemment, le concours ne menait pas qu’à médecin mais aussi aux métiers de dentistes, sage-femme, kinésithérapeute ou encore liés au domaine de la pharmacie. Selon les facultés, on a des matières différentes mais essentielles des sciences que je qualifierai de “dures” : physique, biophysique, biologie cellulaire, anatomie etc... je note qu’au second semestre il y avait un cours tourné vers les sciences humaines (histoire de la médecine, c’est un cours que j’ai adoré suivre .. le seul d’ailleurs!). Suite à mon année de médecine, très déçue par mes résultats et mentalement fatiguée, j’ai décidé de prendre quelque chose qui, je l’estimais, ne serait pas fatiguant. En regardant mon livret de notes du bac, j’ai vu que ma matière la plus haute était l’anglais (18). C’est comme ça que je me suis inscrite en fac d’anglais, sans même savoir les débouchés ou les matières qui y seraient traitées. J’ai donc fait 3 ans d’anglais (même si mes professeurs, dès la L1, m’encourageaient à coupler cette licence avec une d’histoire...) où on étudie de la littérature, de la civilisation, de la linguistique, de la grammaire et des processus de traduction. C’est assez complet. Je suppose que, comme toutes les autres licences de sciences humaines, il y a une infinité de possibles après une licence d’anglais : dans mon entourage de cette licence, certaines de mes camarades travaillent désormais dans des secteurs variés : enseignement, traduction, communication, tourisme et même journalisme ! Ce qui compte, je pense, ce sont les activités extrascolaires. Après ces trois années de licence, j’ai fait un an de master MEEF pour devenir professeur d’anglais, ce qui m’a rebuté car je ne me sentais pas prête à enseigner à 20 ans. Je me suis finalement tournée vers ce que j’aimais, à savoir l’histoire, et ai effectué deux années de licence L2 + L3, (même si j’ai appris après coup que j’aurais pu passer directement en L3...) d’histoire à la Sorbonne. On y étudie différentes époques et thématiques que l’on choisit et on a même accès à d’autres enseignements (j’ai misé sur la sociologie personnellement mais c’est assez vaste). Comme pour l’anglais, il y a beaucoup de métiers ou formations qui sont accessibles aux titulaires de diplômes dans les sciences humaines, il faut simplement être déterminé et sûr de soi pour y arriver. 



Considères-tu que tes formations sont/furent difficile(s) ? Ces formations t’ont-elles laissé/ te laissent-elles du temps libre à côté (si oui, n’hésite pas à indiquer si tu faisais du sport, une activité culturelle, des sorties, des soirées etc.) 

J’ai fait trois facs, avec trois formations différentes. La plus intense était évidemment celle de médecine, où je m’autorisais une pause le samedi soir pour voir mon compagnon de l’époque. Ensuite, je dirai que je n’avais pas spécialement de temps libre pendant mes autres licences car je devais travailler sur des plages horaires pas toujours fixes et pas avec possibilité de me mettre en contrôle terminal. Il faut donc bien organiser son temps pour arriver à jongler entre la vie scolaire et la vie sociale. Se déconnecter des réseaux sociaux pendant les périodes de travail est pour moi essentiel : il est dur de s’y faire mais on peut plus facilement faire ce que l’on souhaite, pour ensuite s’accorder du temps. 


Te sens-tu épanouie dans ce que tu fais ? Qu’est ce qui te plaît particulièrement dans cette formation ? 

J’aime ce que je fais, j’aime étudier, apprendre de nouvelles choses, découvrir toujours de nouvelles anecdotes ou de nouveaux points de vue avec l’historiographie de l’époque étudiée, et puis quand on a la chance d’avoir de bons prof de CM et TD (ce qui fut globalement mon cas, surtout à la Sorbonne), c’est vraiment un plaisir de venir en cours. 


Quelles ont été tes influences pour choisir cette formation/ ces formations ? 

C’est un ensemble de divers faisceaux et discussions, disons principalement la famille et l’environnement amical, associés parfois au hasard. 


Avec le recul, est-ce que d’autres formations t’auraient plus ? Aurais-tu fait un autre choix ? 

Oui ! Sans hésiter, si j’avais pu, j’aurais fait du droit. Mais à 17 ans, je n’aurais pas été prête et aujourd’hui, il me semble difficile de REPRENDRE encore des études (non non) surtout couplées à un travail étudiant. Ceci étant, j’y ai fortement songé, ainsi qu’à un prêt étudiant. Et je pense que j’aurais surtout choisi une filière différente (ES), ce qui aurait certainement conditionné mon parcours et mes résultats scolaires. 


As-tu une passion ? As-tu pensé à tenter de travailler dans ce domaine et si non, pourquoi ne tentes-tu pas ? 

J’ai plusieurs passions que je préfère garder pour moi mais qui tournent autour de la communication et du service (par exemple, j’adore mon travail de barmaid que je fais en dehors de mes études). Mais pour moi, c’est du complément et je n’imagine pas travailler dedans car j’aime ça, mais je ne veux pas m’en dégoûter. C’est ce qui est arrivé avec les sciences et la médecine, je ne veux pas risquer de reproduire cette erreur. 


As-tu une idée de ce que tu veux faire plus tard ? 

Pas une idée fixe, car je pense que notre génération ne garde pas le même métier toute une vie. J’ai différentes pistes, mais je me fixe des objectifs simples : là, je veux terminer et réussir mon master, ensuite je verrai. 


Qu’est ce que tu conseillerais aux jeunes qui sont perdus dans leur choix d’orientation ? 

J’ai une devise personnelle : “va, vis, deviens”. Si tu es paumé.e, que ce soit post bac ou post licence, n’hésite pas à t’accorder une pause productive : fais une année sabbatique à faire du bénévolat, du service civique, des stages, de l’expérience professionnelle dans quelque chose qui te plaît. ça ne sera peut-être pas ton métier final mais tu as toute la vie devant toi et SURTOUT, ne te mets pas la pression car c’est à mon sens l’ennemi du bien.      


Si tu t’es réorienté(e), peux-tu nous indiquer les raisons qui t’ont poussée à arrêter ta précédente formation ? Peux- tu nous parler de ta nouvelle formation en répondant autant que possible aux mêmes questions que sur ta première formation. Finalement, es-tu heureux/ heureuse de cette réorientation ? 

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai arrêté la médecine suite à un burn-out et un dégoût du système de sélection. Je pense (et c’est en cours) qu’un concours écrit n’est pas nécessaire, peut-être un oral car de bonnes connaissances scientifiques ne font pas tout pour être un bon médecin : empathie, écoute sont à mon sens tout aussi importants et cela n’entre en compte que plus tard pour la formation. 

Pour l’anglais, c’était simplement une question de moment : être professeur, c’est être passionné, dévoué pour son métier et ses étudiants (telle en est ma définition) et même si j’appréciais cette formation pour les connaissances qu’elle m’apportait, je ne me voyais pas les transmettre à des élèves, je ne me sentais pas prête. 

Qui sait, je finirai peut-être professeure d’histoire mais là, on ne pourra pas dire que je ne l’ai pas choisi ;) 


Et enfin, qu’est ce que pour toi une vie réussie ? 

Une vie réussie, c’est pour moi trouver la plénitude et l’équilibre. Et surtout, c’est savoir s’écouter, ne pas avoir peur d’échouer ou de ne pas savoir, mais mettre en place des stratégies pour obtenir ce que l’on souhaite. 


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