Quel a été votre parcours scolaire ? 

Mon parcours scolaire a été compliqué. Très compliqué même. Je n’ai jamais aimé l’école (comme tout le monde), et l’école ne m’a jamais aimé. C’est pourquoi j’ai redoublé le CE1, la 6e, ainsi que la 3e. Pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais été intéressé ni par ce qu’on nous enseignait, ni par la manière dont où nous l’enseignait. De plus, j’ai toujours été très addict aux jeux vidéo. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, ne pas faire ses devoirs car on est trop occupé à tuer le Roi Liche sur Warcraft, eh bien ça n’aide pas au niveau des notes. C’est la raison pour laquelle j’ai été envoyé en 3e professionnelle à cause de mes notes. Mes notes n’étant toujours pas satisfaisantes, j’étais sur le point d’être envoyé vers un CAP métier du livre, alors que je ne lisais absolument jamais, cherchez l’erreur. 

Par chance, j’ai redoublé ma 3e et je suis parti dans un internat en Normandie afin de faire une 3e générale. Et en m’accrochant, j’ai même fini par décrocher un baccalauréat littéraire, et de dieu adieu à l’internat. Et là, comme tout le monde, je n’avais pas vraiment idée de ce que je voulais faire. 

Programmation ? Jeux vidéo ? Métiers de l’internet ? La réponse a été apportée par l’influence de mon entourage, et je me suis dirigé vers la création publicitaire, afin de devenir concepteur-rédacteur. Oubliez tout de suite le fantasme de 99 Francs, ça a tendance à irriter les pubards du milieu. 

Je suis donc parti à l’IUT Paris Descartes afin de faire un DUT Information- Communication spécialité publicité. Bien que plein de bonnes intentions, j’étais mitigé. J’avais la sensation d’être dans le bon milieu, mais pas forcément de faire ce que j’avais envie de faire. Il y avait un hic sans que je puisse mettre le doigt dessus. Malgré tout j’ai décroché mon DUT, de justesse. J’ai alors rejoint l’école de communication Sup de Pub en tant que créatif, en 3ème année. Là encore, j’ai passé une année mitigée. Enthousiaste par certains aspects du milieu qui m’intéressaient grandement, d’autres aspects étaient carrément gonflants. Il en a été de même pour les stages en agence de pub où les stagiaires, on ne va pas se le cacher, se font exploiter. Entre les « charrettes » qui arrivent régulièrement, le travail le week-end, parfois sous pression, et le tout pour un salaire dérisoire... Il y a mieux. Mais malgré tout, je me suis accroché et j’ai décroché ma 3e année. 

L’année suivante allait être ma dernière (ouf). Je me suis dirigé vers une 4ème année à Sup de Pub en me spécialisant en tant que concepteur-rédacteur. Mais avant même la rentrée, je savais qu’au final ce n’était pas ce qui me convenait. C’est pourquoi lors de mes stages cette année, j’ai essayé le métier de Community manager. Et c’est là-bas que j’ai vraiment pris pour la première fois du plaisir au travail. 

J’ai donc passé une partie de l’année à étudier des choses qui ne m’intéressaient pas, et l’autre en entreprise à exercer des tâches qui me plaisaient. Ce n’est qu’à la fin de mes études que j’ai essayé une dernière expérience en tant que concepteur-rédacteur qui s’est avérée être un échec cuisant, me confortant davantage dans l’idée que le métier de community manager me convenait bien mieux. Et c’est ainsi que je vécus heureux et eus beaucoup d’enfants. 


A quel métier cela a-t-il abouti ? En quoi cela consiste ? Pourquoi l’avoir choisi ? 

Ces expériences ont donc abouti sur le métier de community manager chez Brut. La particularité de ce métier est qu’il diffère énormément en fonction des entreprises. La première différence étant le réseau social sur lequel vous travaillez. Ensuite, du ton sur lequel vous vous exprimez à votre audience, et enfin des missions qui vous sont confiées. Exemples personnels : 

- Mon premier stage en L1 étant dans un restaurant italien où je faisais le service de midi, et grignotage de charcuteries. Tandis que l’après-midi je m’occupais du comptes instagram et facebook du restaurant en publiant des photos des plats et en communiquant sur les évènements à venir. 

- Mon deuxième stage en tant que community manager lors de la troisième année d’études consistait à créer des memes pour la page Facebook, de répondre aux messages privés ainsi que d’animer la communauté. Il fallait donc être très à l’aise avec Photoshop et également avec Premiere Pro. Ah et accessoirement être très très productif. 

- Mon troisième stage en tant que CM consistait majoritairement à publier des articles sur Facebook tout en animant la communauté. Je devais occasionnellement m’occuper de l’Instagram et de leur page Football lors la coupe du monde 2018. Du coup, il était plus nécessaire de bien écrire plutôt que d’être calé en édition de photo. 


- Aujourd’hui chez Brut, je m’occupe exclusivement de la chaîne Youtube, ce qui demande un très bon niveau de Photoshop, des notions de montage, et une excellente plume. Donc pour moi, le métier de CM diffère énormément d’une entreprise à l’autre. Il faut savoir être polyvalent et aimer toucher à plusieurs choses. Et c’est justement ça qui m’attirait dans ce métier. J’aime découvrir de nouvelles choses et ne pas être confiné à une seule tâche. 


Quelle qualité faut-il pour être heureux/se dans ce métier selon vous ? 

Pour revenir à ce que je disais ci-dessus, la polyvalence est la clé. Pour avoir été confiné à une seule tâche dans d’autres stages, je peux garantir que l’on s’ennuie très rapidement. Il ne faut pas hésiter à demander à son supérieur d’accomplir plus de missions. De plus, cela peut paraître évident mais il est important de rejoindre des entreprises qui ont un univers qui vous parle et qui vous passionne. Vous êtes footeux ? Allez chez So Foot ! Vous adorez l’humour ? Allez chez Topito (en plus ce sont des amours). Vous pensez que l’UPR c’est l’avenir ? Allez rejoindre notre ami Asselineau ! 


Quels en sont les principaux avantages et inconvénients ? 

Les avantages sont plutôt personnels, mais j’aime bien animer une communauté, faire du montage, ou encore pouvoir supprimer les commentaires des haters, ça c’est très satisfaisant. De l’autre côté, le métier peut être un peu redondant par moment, et le fait d’être à la toute fin de la chaîne de production contraint parfois à rester très tard au boulot, voire à bosser le week-end pour une publication. C’est le jeu ma pauvre Lucette. 


A quoi ressemble une journée type dans ce genre de profession ? 

En général, vous avez un planning de publication à respecter. La majeure partie de votre travail consistera à respecter ce programme. Quand de contenu est posté sur les réseaux sociaux, vous aurez sûrement à animer ensuite la communauté et à faire pas mal de statistiques. 


Est-ce que la vie que vous menez est à la hauteur de vos attentes ? 

Clairement, oui. Quand on a eu un parcours scolaire si compliqué et qu’on est passé par des stages éprouvants tant mentalement que physiquement, il y a de quoi à être satisfait. 


Est-ce que vous faites les choses avec passion ? Sinon, quelle est votre passion et pourquoi ne pas en avoir fait une profession ? 

Le terme passion a selon moi une connotation trop importante. J’aime mon métier, j’aime ce que je fais, et je pense qu’il est indispensable de prendre du plaisir à exercer sa profession. J’ai déjà bossé pour une entreprise que je n’aimais pas, pour des clients que je n’aimais pas, et à faire des tâches que je n’aimais pas. Et Dieu sait à quel point ça flingue le moral. On a la boule au ventre sur le chemin du travail et on souhaite que la journée se termine le plus vite possible. Et c’est cette expérience qui m’a fait prendre conscience qu’il faut aimer exercer sa profession. Et oui, j’ai conscience que c’est un conseil très bancal. 


Quels conseils donneriez-vous aux étudiants perdus dans leur choix d’orientation ? 

Essayez. Faites des stages. Vivez de votre passion. Mangez cinq fruits et légumes par jour. Soyez curieux.


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