LA RÉORIENTATION APRÈS LA PACES


La PACES est très compliquée, nombreux sont ceux qui doivent se réorienter suite à la première année. Aujourd’hui, Isaline nous parle de son parcours en PACES et de sa réorientation dans une licence d’histoire



Quelle était ta filière au lycée et quel type d’élève tu étais ? 

Au lycée, j’ai passé un Bac S et je l’ai eu avec mention très bien. J’ai toujours été une élève super sérieuse et studieuse. Je n’avais pas de difficultés particulières, si je travaillais, j’y arrivais. 


Qu’as-tu fait après le bac ? 

Alors je précise ici que j’ai fait 2 ans de PACES et que maintenant, je suis en L1 histoire, les cours n’ont pas commencé donc je ne peux pas encore en parler. Du coup, je vais décrire la PACES


Le concours est divisé en deux parties. La première est fin décembre et la deuxième début mai. Ce ne sont que des QCM. En fonction des coefficients des matières et de tes notes, tu es classé. Le numerus clausus, c’est le nombre de personnes acceptées au concours. Par exemple dans ma fac, le numerus en médecine, c’étaient 160. Donc, sur les 1000 étudiants qui ont voulu passer le concours, si tu n’étais pas dans les 160 premiers au concours, tu ne pouvais pas faire médecine


Considères-tu que c'était une formation difficile ? Est-ce que tu avais du temps libre ?

Bien évidemment, c’est différent pour tout le monde, mais pour moi la PACES a été très dure. La quantité de travail était énorme. On nous donnait souvent des astuces pour réussir à répondre aux questions le plus vite possible sans rien comprendre, tout simplement parce qu’on n’avait pas le temps de comprendre quoi que ce soit. C’était toujours une compétition de qui va plus vite, qui a fait le moins de fautes. Pour moi, ça a été très déstabilisant, car je sortais du collège et du lycée ou en bossant, j’avais des bonnes notes, même dans un lycée exigeant, et là, je bossais de 8h à 23h et je me retrouvais aux concours blancs avec des 2/20 ou des 5/20. Du coup, j’ai recommencé cette PACES et j’ai eu de bien meilleurs résultats, mais malheureusement, ça n’a pas suffi. 


Te sens-tu épanouie dans ce que tu fais ? Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans cette formation ? 

Malheureusement, je n’ai pas pu poursuivre en médecine. Je n’étais pas épanouie dans cette formation. Ce qui me plaisait, c’était de ne me dire qu’en deuxième année, je pourrais participer à des stages hospitaliers, être dans des associations, sortir, faire la fête. Mais cette première année, ce tri à grande échelle, ne m’a en rien permis de m’épanouir, bien au contraire. 


Quelles ont été tes influences pour choisir cette voie ? 

J’ai toujours aimé les sciences et aider les autres, devenir médecin ça m’est apparu comme une évidence. J’ai beaucoup parlé de cette PACES, mais je n’ai pas dit ce que j’ai fait après. Quand j’ai compris que je n’allais pas l’avoir, il a fallu que je me remette en question et que je trouve un plan B. L’histoire a toujours été ma matière préférée, j’ai toujours eu une certaine affinité avec cette matière. Du coup, je me suis dit pourquoi ne pas tenter le coup. La différence, c’est que l’histoire, c’est la matière qui me plaisait, alors qu’en PACES, ce qui me plaisait, c’était l’aboutissement. Là, je ne sais pas quels métiers m’attendent, mais je sais (ou en tout cas, je l’espère puisque ma rentrée est la semaine prochaine) que le parcours va me plaire. 


Avec le recul, est-ce que d’autres formations t’auraient plus ? Aurais-tu fait un autre choix ? 

Comme je n’ai pas encore commencé l’histoire, je ne vais pas vraiment en parler. Mais vis-à-vis de la PACES, je me suis beaucoup demandé si j’avais fait le bon choix. Je pense que oui, je ne regrette pas d’avoir essayé.


As-tu une passion ? As-tu pensé à tenter de travailler dans ce domaine et sinon, pourquoi ne tentes-tu pas ? 

Avant ma remise en question, j’étais tellement dans mon idée que plus tard, j’allais faire médecine que je n’avais pas vraiment réalisé que l’histoire était une véritable passion pour moi. Je peux donc dire que j’ai la chance de me lancer dans des études dont le sujet principal est ma passion. Et éventuellement un jour, avoir un travail dans ce domaine. 


As-tu une idée de ce que tu veux faire plus tard ? 

Les métiers de l’histoire sont peu connus. Les gens me demandent souvent si je veux devenir prof. Je n’ai pas envie d’être enseignante, en tout cas pas pour le moment, mais je me laisse la possibilité de changer d’avis, après tout, la vie est pleine de rebondissements. Pour le moment ce qui m’attire, c’est l’archéologie, et le travail que l’on peut faire dans les musées. Je compte aller jusqu’au doctorat, donc d’ici là, j’ai le temps de choisir et de découvrir les métiers qui m’attendent. 


Qu’est-ce que tu conseillerais aux jeunes qui sont perdus dans leur choix d’orientation ? 

Ce qui compte, c’est d’être heureux. Cette passion que vous avez, essayez de la transformer en métier. Ce n’est pas parce que vous faites des sciences que vous aurez plus de possibilités dans la vie. Après le Bac, on est plus à un an, deux ans, ou même trois ans près. Se tromper ce n'est pas grave, n’abandonnez pas vos études, continuez, cherchez. 


Tu peux aussi lire l’interview de Camille sur sa réorientation de PACES à une Licence d’Histoire.

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