Kilian nous raconte son parcours, va lui poser des questions si besoin!

Quel a été ton parcours scolaire et quelles sont tes études actuelles ? Peux-tu en donner une définition (fac, prepa, école) ?

J’ai fait un Bac S, puis une prépa Maths Physique au Lycée Blaise Pascal d’Orsay. Je l’ai quitté après trois/quatre mois de cours, et j’ai tenté d’étudier à la fac d’Orsay dans le même domaine, mais je suis également parti, après deux semaines. Je n’étais pas du tout épanoui dans l’un comme dans l’autre de ces établissements, et plus j’avançais, plus je regrettais de ne pas m’être orienté dans un pôle plus littéraire. J’ai donc choisi de ne pas aller plus loin, j’ai pris l’année pour y réfléchir en même temps que je travaillais à McDo. Finalement j’ai postulé à différentes formations sur Parcousup et j’ai choisi d’aller en licence humanité à l’Institut Catholique de Paris comme j’avais été accepté dans tous mes choix.


Je ne peux donner qu’un avis sur la prépa étant donné que c’est le seul type d’étude que j’ai expérimenté assez longtemps pour m’être fait une opinion jusque-là. Pour moi, la prépa est une ferme à bête de concours. Globalement c’est un lycée plus, pas amélioré, mais accentué, la façon de travailler est clairement dans la continuité du lycée.


Pourquoi as-tu choisi ces études ? (As-tu été influencé ?)

Par rêve d’excellence, et de prestige plus encore. J’aimais le regard admiratif des autres, que la société pose sur ces études.

Quelque part oui j’ai été influencé, parce que c’est le système scolaire qui veut que ce soit une formation excellente, puis ça faisait plaisir à mes parents. Mais ça reste tout de même ma décision, mon choix, même si c’était un peu peut-être pour coller aux normes d’excellence de la société.

J’ai choisi de me réorienter à l’ICP parce que je voulais basculer dans un domaine littéraire, j’avais besoin de la liberté créatrice des lettres, et de cette formation pour approfondir une réflexion sur la vie, sur ma vie ; pour murir, savoir ce que je veux, ou je veux aller ; comprendre la logique de la pensée humaine, et de ces grandes questions qui m’ont toujours tourmenté, pour entonner une réflexion personnelle.


Qu’envisages-tu après ces études ?

Je ne sais pas encore, j’ai trois idées en tête. Approfondir la philo à travers un master voire un doctorat, voire rentrer à l’ENS ; ou rentrer à Science Po pour étudier plutôt la philosophique morale via la politique ; ou encore, développer le chant.


Est-ce que tu penses avoir choisi le bon chemin ? Avec le recul est ce que tu aurais fait d’autres choix d’orientation ?

Pour moi ce ne sera jamais la bonne voie, parce que je n’ai pas encore trouvé ma vocation. Je n’aurais pas pu faire de bon ou de mauvais choix au fond, c’est ne sont que des choix. Je trouve de l’intérêt dans tout, simplement dans certaines choses un peu plus que dans d’autre. En soit, c’est un bon choix oui, puisqu’il vient après un premier choix non fructueux, et peut-être que j’en ferais encore un autre qui sera encore mieux. Je pense qu’on ne peut que s’améliorer dans ses choix, et qui sait, peut-être que je reviendrais aux sciences.  


A quoi ressemble une journée type de ta vie d’étudiant ? Est-ce que ça t’épanoui ?

Ce semestre à l’ICP, le plus gros des cours est concentrés sur les deux premiers jours de la semaine, ce sont des cours types cours magistraux, que ce soit sur la découverte de concepts ou sur des ouvrages. Souvent par cours de 2h, avec des intercours. Ma plus longue journée c’est 9h-19h avec 2h pour manger.

J’ai le sentiment qu’il y a une grosse charge de travail, surtout perso, il y a beaucoup d’ouvrages à lire. Je pense que ce qu’on dit sur les cursus littéraires est assez vrai, pour bien réussir, il faut fournir presque autant de travail personnel en amont qu’on a de cours.

Oui, ça m’épanouit, ça correspond à ma volonté d’en connaitre plus, et ça donne matière à réfléchir, c’est pas juste apprendre pour avoir de la culture, c’est apprendre à lire, à penser, etc, et c’est justement ce qu’il me manquait dans mon cursus scientifique.  


As-tu une passion ? Pourquoi ne pas choisir un métier en lien ?

Oui, le chant. Mais les métiers en liens, comme tous ceux dans l’application de l’art, ne sont pas à proprement parlé des métiers, même sur les fiches d’impôts, c’est écrit « intermittent du spectacle ». C’est plus et moins qu’un métier à la fois. C’est l’application d’une passion, mais aujourd’hui, dans les faits, comme dans l’opinion publique c’est aussi symbole de précarité, une précarité qu’on ne veut pas accoler à notre vie. Je crois que quelque part, je tiens plus à mon confort de vie qu’à ma passion, même si j’aimerai que ce soit l’inverse. Mais c’est une composante que je ne peux pas négliger. Puis je ne veux pas simplement travailler dans le domaine de la musique, je veux chanter, je veux être. Vivre ma passion en demi-ton ne m’intéresse pas, je veux être chanteur, ou ne pas vivre de ma passion tout court.



Qu’est-ce que c’est pour toi une vie réussie ?

Pour moi, c’est justement de ne pas avoir peur de réussir. Réussir, c’est propre à chacun, certains le mesure en fonction de leur compte en banque, d’autre de leur famille, de leur vie amoureuse, de leur travail… Chacun fixe les limites de sa réussite, si cette limite existe. Pourtant, il ne faut pas se fixer de limite en soit, réussir, c’est progresser, avancer, et pas chercher à atteindre quelque chose de précis, pas chercher à atteindre l’objet d’une réussite existante, mais créer cet objet et chercher à l’atteindre. Chacun devrait créer son propre chemin de la réussite.

Le problème, c’est qu’on nous demande de savoir qui on est à 18 ans, on nous pose des questions relatives à l’orientation sans cesse ; on doit savoir qui on est et qui on veut être, alors qu’on a déjà du mal  à comprendre et à coller à ce qu’on attend de nous.



Qu’est-ce que tu conseillerais aux jeunes qui sont perdus sur leur choix d’orientation ?

De faire en fonction de leur envie du moment, à juste raison, pas de la journée, mais de ces dernières années. Si t’es dans un mood où tu veux faire des lettres, vas-y, et si dans dix ans t’as plus envie, change. On a l’impression qu’on choisit pour le restant de notre vie au lycée, alors qu’on peut toujours changer, en France on a la chance d’avoir des formations abordables qu’on peut reprendre quand on veut, à n’importe quel moment de notre vie. La faculté ça laisse en plus une grande liberté à l’extérieur qui te permet de te diversifier beaucoup au-delà de tes études, alors pourquoi s’en priver ? Pourquoi vouloir toujours tellement anticiper, en oubliant ce qu’on veut vraiment faire et être là, dans l’instant ? 

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