Vendredi 15 novembre 2019

INFLUENCEUSE ET GRAPHISTE


Jayci Chalonec nous parle de son parcours, en passant de ses études de graphisme à son projet de devenir influenceuse. Des métiers peu explorés, mais on voici une petite interview pour t’en dire plus. 


Quel a été ton parcours scolaire et professionnel jusque-là ?

J’ai fait un bac STG Marketing, puis, je me suis dirigée en licence d’art plastique, à l’université Paris 8, mais je n’ai pas terminé le cursus. Les débouchés me semblaient peu intéressants, et les conditions de travail étaient difficiles. J’ai tout de même tenu deux ans à la fac, mais je n’ai pas pu supporter une troisième année. En parallèle de mes études, j’avais entamé une vie professionnelle, et ça commençait à fonctionner. Alors que j’étais toujours à la fac, j’ai fini par lancer un site en collaborant avec un développeur. Ça a vraiment bien fonctionné, et dans la foulé, avec un groupe d’amis, nous en avons lancé un second. Pour promouvoir notre nouveau site, on a organisé un festival auquel on a convié plusieurs rappeurs en début de carrière. Là encore, ça a bien fonctionné ! On avait accès à des maisons de disques, on a pu contacter des stars américaines et les choses ont commencé à prendre de l’ampleur. J’ai continué à proposer des services en rapport avec les sites Internet et autres supports promotionnels. 


Comment et pourquoi t’es-tu lancé sur Instagram ? Pourquoi avoir choisi ce réseau social, quelles étaient tes motivations ?

Mes projets fonctionnaient plutôt bien. C’était à l’époque de la naissance des réseaux sociaux comme Vine. Mes amis faisaient des petites vidéos et les postaient, ils avaient souvent besoin de figurants, donc je m’y suis mise petit à petit en partant de là. Au fil du temps, j’ai continué de mon côté.

Les vidéos ont rapidement pris sur Facebook. J’ai voulu me lancer sur Instagram pour de vrai, car c’était un réseau qui commençait à se développer. J’ai eu la chance de collaborer avec des personnes qui avaient déjà beaucoup de flux, comme TonioLife, Kader Diaby, et d’autres, ce qui m’a rapidement propulsée. Ces collaborations sont des ouvertures ! 

 


Quand et comment cela a pris de l’ampleur (au point de devenir votre métier) ?

Je n’en vis pas encore, car les annonceurs sont de plus en plus exigeants. Maintenant, ils ne s’intéressent qu’aux Instagrameurs de plus de cent mille abonnés. C’est devenu plus difficile d’en tirer un revenu.

Instagram veut aujourd’hui se diversifier, avec le nouveau format de vidéo qui peut être vecteur de rémunération. Mais pour le moment, c’est surtout par des placements de produits qu’on tire une rémunération sur Instagram. 

Du coup, je suis toujours graphiste, et j’aspire à grossir en tant qu’influenceuse. Tout est en cours, je ne compte pas m’arrêter là !



Comment penses-tu que cela va évoluer dans le futur ? Est-ce que tu penses que ce sont des métiers d’avenir ?

Pas du tout. Je pense que tout cela va rapidement s’effondrer, car le premier arrivé est le premier servi, comme on dit. Selon moi, il faut les utiliser comme tremplin. Mon but est de faire de la comédie, et si j’ai beaucoup de choses à montrer, que j’ai la niaque, ça peut être intéressant de le partager à mon public.


Pourquoi essayer de te lancer sur YouTube ?

La première chose est que sur YouTube et sur Instagram, on n’a pas le même public. YouTube est peut-être plus facile à utiliser, on a moins de contraintes. Mais surtout, je n’ai pas envie d’afficher le même contenu sur les deux réseaux, j’aimerais faire quelque chose de nouveau.


Comment gères-tu tes finances ? Quel salaire finis-tu par te verser grâce à ton activité ?

J’ai un compte personnel sur lequel je reçois l’argent de toutes mes activités. C’est le graphisme qui me rapporte le plus. J’ai dû gagner environ 2 000 euros maximum sur les trois derniers mois grâce à Instagram, le salaire qu’on touche est toujours proportionnel au nombre d’abonnés. Et puis, il y a un réel travail derrière ça, il ne s’agit pas uniquement de se filmer en train de parler et de le poster. J’ai dû faire deux vidéos pour des annonceurs. Pour l’une des deux, pour une pizzeria, j’avais un rôle de comédienne, je n’avais rien à créer, le script était déjà fait.


Pour la seconde, pour JustEat, cette fois-ci, je n’ai pas joué, mais j’ai tourné, car je suis celle qui gère le mieux la caméra dans l’équipe. Mon manageur a écrit le script, la marque a validé le scénario, puis on a tourné, ça leur a plu, et voilà ! 


Je n’accepte pas toutes les demandes que les annonceurs me font, car j’ai une certaine philosophie : je n’aime pas qu’on m’instrumentalise ou qu’on me « prostitue ». 


A quoi ressemble une journée type dans votre vie ?

Je n’ai pas d’horaire fixe. J’essaie tout de même de me lever avant 10h. Si je dois faire un tournage dans la journée, je donne rendez-vous aux personnes concernées, et j’ai déjà écrit le scénario à l’avance, dans la semaine. Après cela, je tourne pendant deux heures au minimum, et je monte la vidéo le soir. Je filme avec mon appareil puis je monte sur mon ordi. C’est beaucoup de travail, beaucoup plus qu’il n’y paraît. 


Sur YouTube, les formats sont différents, et tout n’est pas faisable sur téléphone. Le montage et le travail post-production représentent beaucoup d'investissements. 


Généralement, le soir, je m’occupe de mes commandes de graphisme jusque tard.


Que conseillerais-tu aux jeunes perdus dans leur choix d’orientation ?

Quand tu aimes un truc, tu le sais généralement. J’aimais le dessin, je dessinais toujours en cours. Une année, je suis tombée sur un professeur qui ne supportait pas que je dessine en cours. Pourtant, j’étais présente, je ne discutais pas, mon cours était pris, et j’avais de bonnes notes. Finalement, ce professeur m’a fait essayer une journée la filière STI, qui est une filière professionnelle, et ça m’a beaucoup plu, mais c’était trop tard pour changer. Je n’avais jamais pensé pouvoir faire des études en lien avec ma passion. Personne ne me l’avait dit, autrement, je me serais orientée vers une STI plutôt qu’une STG, et je n’aurais pas eu à faire une mise à niveau pour aller en communication visuelle, ce que je voulais originellement faire après le bac. Comme je n’ai pas été prise à cette remise à niveau, je n’ai pas pu suivre les études que je souhaitais. Peut-être qu’avec juste un peu plus d’informations, j’aurais apprécié mes études et découvert d’autres choses dans un domaine qui me passionnait. 


Voici une bonne conclusion : se renseigner. On te donne toutes les infos sur pleins de formations sur WAY, à toi de voir ce qui te plaît !


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