LA REFORME DE L'ASSURANCE CHÔMAGE

Vendredi 8 octobre 2021

La nouvelle réforme de l’assurance chômage : pourquoi elle concerne tout le monde


Depuis 1958, en France, les salariés ont droit au chômage sous certaines conditions. Cela signifie qu’en cas de perte de leur travail, les français peuvent bénéficier d’un revenu assuré le temps de se remettre sur pied. 

Or, depuis le 1 octobre 2021 une nouvelle réforme de l'assurance chômage est entrée en vigueur. Celle-ci change un certain nombre de choses et nous allons vous expliquer pourquoi elle fait débat. 


L’assurance chômage est une allocation versée aux personnes ayant perdu leur emploi et qui en cherche un nouveau. Elle permet d’assurer une continuité des revenus et elle prévoit aussi des aides pour se former si nécessaire. Elle est financée par l’Etat et les employeurs sous forme de cotisations. Cette allocation représente en moyenne 72 % de l’ancien salaire net d’après l’Unedic, l’organisme qui gère l’assurance chômage en France.

A l’heure actuelle, l’Unidec affirme qu’1,8 millions d’employeurs cotisent à l’assurance chômage et que 2,7 millions de personnes sont indemnisées chaque mois.


Pour être éligible à l'assurance chômage il faut respecter certaines conditions : 

  • Avoir travaillé au moins 6 mois au cours des 24 derniers mois.
  • Avoir involontairement perdu votre emploi (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle …) 
  • Être inscrit à Pole Emploi dans les 12 mois après la perte de votre emploi 
  • Ne pas avoir atteint l'âge de la retraite et être apte à l’exercice d’un emploi 
  • Etre à la recherche active et permanente d’un emploi 


Désormais, les travailleurs indépendants y ont aussi droit s’ils répondent à certaines conditions ainsi que les salariés démissionnaires, sous réserve qu’ils aient au moins 5 ans d’ancienneté dans leur entreprise actuelle et un projet de reconversion professionnelle fiable.

Pour faire une demande d'assurance chômage, il suffit de s'inscrire en tant que demandeur d’emplois sur Pôle Emploi et de fournir certains documents comme : pièce d’identité, numéro de sécurité social, les pièces de votre parcours professionnel (fiche de paye …), un CV et un RIB. 


Voilà pour le fonctionnement de base de l’assurance chômage. Celui-ci change légèrement à partir d’octobre 2021. La réforme prévoit 2 changements majeurs :

  • Le mode de calcul de l’allocation
  • Bonus/Malus. 


L’allocation chômage est basée sur le calcul du salaire journalier de référence (SJR) et la méthode de calcul de ce dernier évolue.

Depuis le 1er octobre le calcul est basé sur la moyenne des salaires perçus sur une période de 24 mois avant le chômage. Pour obtenir le SJR on divise le salaire des 24 mois par le nombre de jours entre le premier et le dernier jour du contrat, qu’ils soient travaillés ou non. Alors qu’auparavant seuls les jours travaillés étaient pris en compte, ce sont désormais l’ensemble des jours calendaires.



Pour ceux qui le souhaitent, il est possible de simuler vos montants d'indemnité chômage grâce à un simulateur mise en place sur le site de Pôle Emploi.


Mais la réforme comprend aussi des changements pour les employeurs, qui entreront en vigueur en 2022.

C’est un nouveau système de bonus/malus qui sera mis en place pour 7 secteurs d’activités, les entreprises ayant recours à un taux trop élevé de contrats intérimaires ou à un trop grand nombre de ruptures de contrat auront une pénalité. Au contraire, les entreprises ayant engagé majoritairement des salariés avec des CDD de longue durée ou en CDI se verront récompensés par un allègement de leurs cotisations par exemple.


Par ailleurs,  la réforme est vivement critiquée par les opposants politiques et par les syndicats car ils estiment qu’elle va aggraver la situation de nombreuses personnes qui auraient connu des périodes sans emploi qui vont voir leurs allocations diminuées même si elles y auront droit plus longtemps. Adrien Quatennens, de la France Insoumise a déclaré :

« On estime que vous avez plus d’un million de personnes qui vont voir leurs indemnités chômage baisser en moyenne de 17 % ».

Il y a donc une crainte qu’elle fasse basculer un grand nombre de personnes dans la précarité. 


En somme, pour les bénéficiaires du chômage, leurs avantages sont davantage étalés dans la durée, ce qui peut permettre à certains d’avoir plus de temps pour rebondir, en les obligeant tout de même à un changement de niveau de vie important par rapport à leur revenus salariaux. 

Si vous êtes étudiants ou jeunes actifs vous pouvez également aller consulter notre article sur les différentes aides financières qui existent. 

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