DE PACES À UNE LICENCE D'HISTOIRE


Camille nous raconte sa fac de médecine, et sa réorientation en sciences humaines, entre fac de langue et d’histoire. Comme quoi, tout est possible !


Quelle était ta filière au lycée et quel type d’élève tu étais ? 

J’ai intégré la filière scientifique au lycée, spécialité SVT, pas vraiment par choix, mais plutôt par hésitation : j’hésitais sur ce que je voulais faire : médecin ? Engagement politique ? Aussi je me suis dit que la filière scientifique serait celle qui me fermera le moins de portes. En classe, j’étais plutôt une très bonne élève (j’avais un an d’avance sur mes camarades.) mais plutôt de nature distraite et fainéante. Je faisais toujours tout au dernier moment (la veille), parfois de manière un peu négligée, et je n’étais pas passionnée. Je pense que ça a joué pour la suite de ma scolarité. 



Qu’as-tu fait après le bac ?

J’ai un parcours assez long et éparpillé après mon bac. J’ai tout d’abord fait une 1ere année de PACES à Paris VI, qui m’a essentiellement apporté un burn-out et un dégoût presque définitif pour l’étude des matières scientifiques. Évidemment, le concours ne menait pas qu’à médecin, mais aussi aux métiers de dentistes, sage-femme, kinésithérapeute ou encore liés au domaine de la pharmacie. Je note qu’au second semestre, il y avait un cours tourné vers les sciences humaines (Histoire de la médecine, c’est un cours que j’ai adoré suivre .. Le seul d’ailleurs !). 


Suite à mon année de médecine, très déçue par mes résultats et mentalement fatiguée, j’ai décidé de prendre quelque chose qui, je l’estimais, ne serait pas fatiguant. En regardant mon livret de notes du bac, j’ai vu que ma matière la plus haute était l’anglais (18). C’est comme ça que je me suis inscrite en fac d’Anglais, sans même savoir les débouchés ou les matières qui y seraient traitées. J’ai donc fait 3 ans d’Anglais (même si mes professeurs, dès la L1, m’encourageaient à coupler cette licence avec une d’histoire...) où on étudie de la littérature, de la civilisation, de la linguistique, de la grammaire et des processus de traduction. C’est assez complet. 


Je suppose que, comme toutes les autres licences de sciences humaines, il y a une infinité de possibles après une licence d’anglais : dans mon entourage de cette licence, certaines de mes camarades travaillent désormais dans des secteurs variés : enseignement, traduction, communication, tourisme, et même journalisme ! Ce qui compte, je pense, ce sont les activités extrascolaires. Après ces trois années de licence, j’ai fait un an de master MEEF pour devenir professeur d’anglais, ce qui m’a rebuté, car je ne me sentais pas prête à enseigner à 20 ans. Je me suis finalement tournée vers ce que j’aimais, à savoir l’histoire, et ai effectué deux années de licence L2 + L3 d’histoire à la Sorbonne. On y étudie différentes époques et thématiques que l’on choisit et on a même accès à d’autres enseignements (j’ai misé sur la sociologie personnellement, mais c’est assez vaste). Comme pour l’anglais, il y a beaucoup de métiers ou formations qui sont accessibles aux titulaires de diplômes dans les sciences humaines, il faut simplement être déterminé et sûr de soi pour y arriver. 


Considères-tu les formations que tu as suivies difficiles ?

J’ai fait trois facs, avec trois formations différentes. La plus intense était évidemment celle de médecine, où je m’autorisais une pause le samedi soir pour voir mon compagnon de l’époque. Ensuite, je dirai que je n’avais pas spécialement de temps libre pendant mes autres licences. Il faut donc bien organiser son temps pour arriver à jongler entre la vie scolaire et la vie sociale. 


Te sens-tu épanouie dans ce que tu fais ? Qu’est ce qui te plaît particulièrement dans cette formation ? 

J’aime ce que je fais, j’aime étudier, apprendre de nouvelles choses, découvrir toujours de nouvelles anecdotes ou de nouveaux points de vue avec l’historiographie de l’époque étudiée, et puis quand on a la chance d’avoir de bons profs de CM et TD, c’est vraiment un plaisir de venir en cours. 


Avec le recul, est-ce que d’autres formations t’auraient plus ? Aurais-tu fait un autre choix ? 

Oui ! Sans hésiter, si j’avais pu, j’aurais fait du droit. Mais à 17 ans, je n’aurais pas été prête et aujourd’hui, il me semble difficile de reprendre encore des études surtout couplées à un travail étudiant. Ceci étant, j’y ai fortement songé, ainsi qu’à un prêt étudiant.


As-tu une idée de ce que tu veux faire plus tard ? 

Pas une idée fixe, car je pense que notre génération ne garde pas le même métier toute une vie. J’ai différentes pistes, mais je me fixe des objectifs simples : là, je veux terminer et réussir mon master, ensuite, je verrai. 


Qu’est ce que tu conseillerais aux jeunes qui sont perdus dans leur choix d’orientation ? 

J’ai une devise personnelle : “va, vis, deviens”. Si tu es paumé.e, que ce soit post bac ou post licence, n’hésite pas à t’accorder une pause productive : fais une année sabbatique à faire du bénévolat, du service civique, des stages, de l’expérience professionnelle dans quelque chose qui te plaît. Ça ne sera peut-être pas ton métier final, mais tu as toute la vie devant toi.    


Si tu t’es réorienté(e), peux-tu nous en parler ?

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai arrêté la médecine suite à un burn-out et un dégoût du système de sélection. Pour l’anglais, c’était simplement une question de moment : être professeur, c’est être passionné, dévoué pour son métier et ses étudiants (telle en est ma définition) et même si j’appréciais cette formation pour les connaissances qu’elle m’apportait, je ne me voyais pas les transmettre à des élèves, je ne me sentais pas prête. 

Qui sait, je finirai peut-être professeur d’histoire mais là, on ne pourra pas dire que je ne l’ai pas choisi. 


Tu peux aussi lire notre interview d’Isaline sur sa réorientation de PACES à Licence d’Histoire.


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