Quelles sont tes études actuelles ? Peux-tu en donner une définition (fac, prépa, école) ? 

Après un bac ES j’ai commencé une licence de droit à Panthéon ASSAS Paris 2. 

Je trouve qu’à ASSAS il y a beaucoup de compétition, alors qu’au fond, on n’est même pas vraiment en compet’, il n’y a pas de concours. Donc c’est vrai qu’au niveau de l’ambiance, ça ressemble assez aux classes préparatoires, quand bien même ASSAS est une faculté. Mais c’est la meilleure fac de droit de France et la majorité des élèves veulent le meilleur master possible et pour ça ils savent qu’ils doivent avoir le meilleur dossier, et donc être au-dessus des autres. Tout ça pour intégrer le meilleur cabinet à la fin de leurs études. 

Donc dans cette mesure, je pense que je pourrais difficilement donner une bonne définition de la fac, ASSAS étant un peu à part. Je serais presque plus apte à définir la prépa vue la quantité de travail qu’on a. 



Pourquoi as-tu choisi ces études ? (Est-ce que tu as été influencé ?) 

J’ai su très tôt que je voulais faire du droit. Mon oncle est lui-même avocat. Un jour, lorsque j’étais encore petit, il m’a proposé d’aller dans un tribunal avec lui. J’y ai découvert le monde juridique pour la première fois. 

Et puis ma professeure de français en troisième a organisé un procès fictif. On avait tous une plaidoirie à écrire pour défendre ou accabler un accusé. J’ai vraiment beaucoup aimé cet exercice, et qui plus est je n’étais pas trop mauvais, j’ai gagné mon procès.

Puis j’ai grandi, et j’ai lu de plus en plus de bouquins de droit, j’ai regardé des procès, etc. Le milieu du droit me plaisait vraiment beaucoup. Et même si je déplore l’attitude de certaines personnes qui l’exercent, je préfère me concentrer sur mes objectifs plutôt que sur les travers de cet univers. 



Qu’est-ce que tu envisages après ces études ? 

Je voudrais être avocat. Parce qu’aujourd’hui on a l’impression que c’est facile de parler, de dire ce qu’on ressent, de se vendre, mais c’est faux. Certaines personnes ne savent pas le faire, et moi je veux faire ça pour eux. Je trouve que c’est une belle chose d’être la bouche de quelqu’un, la bouche qui représente une personne. Dans ces moments-là, l’avocat en tant que tel n’existe plus, il n’est que les mots pour celui qui ne les trouve pas. 

Et tout le travail en amont derrière n’est pas moins passionnant. J’ai fait le concours de plaidoirie à ASSAS, j’ai fait des travaux de recherche, d’écriture, de jurisprudence et j’en passe. Et ce travail-là m’a beaucoup plu. J’ai aimé constituer le dossier autant que le défendre quelque part. 



Est-ce que tu penses avoir choisi le bon chemin ? 

Oui je pense. À l’époque où j’avais cinq jours pour préparer mes plaidoiries, je me couchais tard, je travaillais sans m’arrêter, j’étais fatigué, je me réveillais la nuit en pensant à des choses que j’aurais pu rajouter, mais j’ai adoré ça. 


Qu’est-ce que c’est pour toi une vie réussie ? 

Je ne dirais pas que ça ne se mesure qu’à l’argent qu’on gagne. Je trouve que c’est une vision très manichéenne des choses et ça m’afflige. Je pense que se lever le matin, voir sa famille heureuse, faire ce qu’on aime, et être soi-même heureux, peu importe ta classe sociale, je pense que c’est ça une vie réussie. Et puis moi je crois que si t’es bon dans ce que tu fais, l’argent viendra nécessairement après. Oui c’est facile à dire pour moi parce que les avocats sont bien rémunérés, mais je veux être dans le domaine des avocats pénalistes, les moins bien payés, ce n’est véritablement pas ce qui m’intéresse dans la profession ! 



Est-ce que t’as une passion ?

Le droit ce n’est pas ma passion, ce sont les mots. J’aurais pu faire du journaliste, ou être consultant, ça serait resté dans le domaine. Mais le choix du droit m’a semblé évident. Utiliser les mots dans ce contexte, voir comment tu peux exprimer ce que tu ressens, poser tes mots sur un cas, c’est ça ma passion. 



A quoi ressemble une journée type de ta vie d’étudiant ? Est-ce que ça t’épanouit ? 

Je n’ai pas cours le lundi, le reste de la semaine je commence à 8h généralement, je fini assez tôt, 14-15h, et après je reste travailler à la bibliothèque jusqu’à 21h. Une fois chez moi je décompresse, et le lendemain, même histoire.  

Ouais carrément, ça me stress, ça m’angoisse, mais ça m’épanouit. Être stressé et angoissé c’est pas une bonne chose normalement, mais là j’aime ce que je fais, et même si c’est dur, au fond c’est que du positif. 




Avec le recul est ce que t’aurais fait d’autres choix d’orientation ? 

Non, vraiment non, je suis bien dans mes études. Et malgré certains mauvais côtés d’ASSAS je suis content d’avoir l’opportunité d’y étudier. 


Qu’est-ce que tu conseilles aux jeunes qui sont perdus sur leurs choix d’orientation ? 

Je leur dirais de voir dans quel domaine ils prennent du plaisir, consacrent beaucoup de leur temps. De voir ce qui les intéresse plus que le reste. Parce que je pense qu’aujourd’hui, il y a ce qu’on veut, et ce que les autres veulent qu’on soit. Beaucoup d’entre nous n’assument pas ce qu’ils veulent vraiment de tout leur cœur, alors qu’on fond c’est la seule façon d’être heureux.  On a tous quelque chose qu’on aime faire, faut chercher, et faut se donner les moyens. 



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