Quel a été votre parcours scolaire ? 

Je n’étais pas très bon à l’école parce que ça ne m’intéressait pas du tout. J’ai fini par m’orienter en Bac Pro Graphisme, ce qui m’a obligé à refaire une seconde. Arrivé en première, j’avais 18 ans, et les études de graphisme ne me plaisaient pas du tout, j’ai donc décidé d’arrêter et de commencer à bosser.  


A quel métier cela a-t-il abouti ? En quoi cela consiste ? Pourquoi l’avoir choisi ? 

À l’origine, après mon Bac Pro Graphisme, je voulais travailler dans l’animation, comme j’avais toujours beaucoup aimé le dessin et que j’aimais bien cet univers un peu enfantin. Mais dans le cadre de ces études j’ai fait quelques stages qui m’ont permis de me faire une première idée du monde salarial et professionnel. C’était ma première vraie expérience professionnelle, et je me suis vite aperçu que je n’avais aucune envie d’évoluer dans cet environnement toute ma vie. La hiérarchie du monde salarial me dérangeait, parce que l’on est par principe jamais récompensé à la hauteur de ce que l’on a fourni. 

Finalement, je suis parti avant de valider mon diplôme, comme je savais déjà qu’il ne me serait d’aucune utilité. J’ai commencé à travailler pour de vrai dans un Auchan Drive, pour voir un peu ce que c’était que d’avoir un travail. Je n’avais pas encore de frais comme je vivais toujours chez ma mère, mais je voulais voir ce que cela donnerait, et ça s’est mal passé ! J’ai compris un peu mieux grâce à cette expérience ce qui me posait problème dans ce système salarial et j’ai commencé à me faire une idée bien précise de ce que je ne voulais pas faire, faute de savoir ce que je voulais faire ! 

Comme j’ai assez vite compris que je ne voulais pas être salarié, j’ai commencé à chercher les alternatives possibles, et un peu par hasard, je suis tombé sur le Multi Level Marketing (MLM), ou marketing de réseau. Pour faire simple, c’est un système économique qui est fait de sorte à supprimer tous les intermédiaires afin de réduire le prix final du produit. C’est un peu un travail de commercial au fond, mais bien moins fermé que dans une entreprise dite classique. 

On aime beaucoup la proximité humaine dans le MLM, c’est beaucoup d’échanges, beaucoup d’entraide et de compréhension des autres, puisque c’est inhérent au système même. Comme la réussite de tes ‘sponsors’ est définie par la tienne, ils veulent naturellement te tirer vers le haut. 


Mon expérience dans le MLM m’a apporté énormément de connaissances et de confiance en moi. Ça m’a permis de construire et d’entretenir un réseau. Et puis ça m’a ouvert au monde de l’entrepreneuriat. Le MLM c’est l’école de commerce de la vie, et ce n’est pas moi qui le dis, j’ai appris énormément de choses, sur la réalité des choses. J’ai toujours bien mieux appris par la pratique, et le MLM m’a inculqué des notions de business et de relations humaines mieux que toutes les écoles de commerce auraient pu le faire.  Et puis une chose qui m’épanouissait vraiment, c’est que je me sentais utile, j’avais l’occassion d’aider vraiment les autres et de gagner ma vie comme ça, j’adorais ce sentiment de servir à quelque chose. 

Le temps est passé, je suis resté environ 4 ans dans le MLM, mais quelque chose me manquait. Ça m’avait permis une indépendance financière, et de m’émanciper des contraintes salariales, mais ce business là ne m’appartenait pas vraiment. J’étais indépendant, donc en principe je gérais les choses comme je l’entendais, mais j’étais quand même payé par une société au final, donc si tout s’effondrait, je n’avais plus rien. Et puis j’avais envie d’avoir cette satisfaction personnelle d’avoir monter quelque chose de A à Z. 

J’ai commencé le MLM pour l’argent, mais au fur et à mesure que mon salaire a grossi, mon envie de faire quelque chose qui me ferait davantage vibrer a grossi également. J’étais prêt à repartir de zéro pour ça, sinon, autant être salarié. 


Quelle qualité faut-il pour être heureux dans ce métier selon vous ? 

Je pense qu’au-delà du fait d’être un bon commercial -car finalement c’est du commerce, et les vices de la manipulation commerciale existent aussi dans le MLM-, il faut avoir envie d’apporter quelque chose de positif aux gens. 


A quoi ressemble une journée type dans ce genre de profession ? 

Un entrepreneur se lève tôt et prend soin de son corps. On essaye d’avoir une véritable hygiène de vie, parce que ça joue grandement dans notre productivité. J’essaye de faire du sport et de manger bien, simplement parce que si je ne suis pas bien dans mon corps, je ne peux pas être bien dans ma tête, et personne ne monte un business en étant mal dans sa tête. Et puis c’est mieux d’être présentable de toute façon, la première vitrine de votre business, c’est vous-même ! 

Sinon, mes journées sont rythmées comme je choisi de les rythmées. Souvent j’ai des rendez-vous, et sinon je travaille chez moi ou dans mon café préféré, n’importe où ou je me sens bien. 

Plus largement, être entrepreneur, c’est chercher une solution à un problème, pour y apporter une solution. Une fois que c’est fait, il s’agit de rendre la solution viable et puis de déléguer au mieux pour que ça roule sans nous ! 


Est-ce que la vie que vous menez est à la hauteur de vos attentes ?

Pas du tout ! Même si dans le MLM j’avais tout l’argent que je désirais, je ne me sentais pas comblé. Quand j’atteignais mes objectifs, j’en trouvais d’autres, mais les atteindre ne me suffisait plus, parce que j’avais le sentiment que c’était vain. J’avais besoin de quelque chose qui me nourrirait vraiment, et c’est ça que je chercher à présent, on verra quand je l’aurais trouvé. Je pense qu’on peut-être très heureux -parce que je l’étais- mais quand même avoir ce sentiment de non-accomplissement dans sa vie. 


Est-ce que vous faites les choses avec passion ? Sinon, quelle est votre passion et pourquoi ne pas en avoir fait une profession ?  

J’ai toujours fait les choses le plus possibles avec passion, parce que sinon on n’avance pas, c’est rare d’avoir de la motivation sans passion. 


Quels conseils donneriez-vous aux étudiants perdus dans leur choix d’orientation ? 

Vu le parcours que j’ai eu, je vais sûrement faire une réponse un peu atypique à cette question, mais je pense que ça vaut le coup que le jeune qui la lit prenne le temps d’y penser. 

Je pense qu’il faut penser différemment de tout ce que le système éducatif t’a répété toute ta vie. Je sais que ça sonne un peu révolutionnaire -au fond il n’y a pas de mal à ça-, mais l’école n’est pas là pour t’aider à t’épanouir en tant que personne, elle te formate pour que tu sois ce qu’elle a besoin que tu sois (un bon salarié) ; mais qu’est que ce tu as besoin d’être toi, qu’est-ce que tu veux être ? Je crois que je leur conseillerais de se poser cette question, pour de vrai. Et de s’ouvrir à toutes les opportunités qui existent et dont ils n’ont pas même idée, il faut être curieux un peu ! 

Et souvenez vous toujours, entrepreneur ou pas, quand il y a un problème, il y a toujours une solution, alors trouvez là au lieu d’attendre qu’on la trouve pour vous. 


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