Vendredi 1 octobre 2021

La prise en charge des frais psys par la sécurité sociale


Depuis des mois, déjà, on répète que la crise du COVID n’est pas tant sanitaire, mais davantage psychologique, et économique pour les plus jeunes.

Et bien qu’on ait un semblant de retour à la vie normale avec la réouverture des écoles supérieures pour la rentrée de septembre, les répercussions de la crise se ressentent encore largement sur les élèves, les étudiants, et les nouveaux actifs.


La période post-bac a toujours été psychologiquement intense pour les jeunes, et le COVID n’a pas amélioré la situation. Raison pour laquelle Emmanuel Macron à annoncé le 28 septembre dernier, que les consultations chez le psychologue seront dorénavant remboursées, mais sous conditions. On vous explique donc dans cet article comment procéder si vous voulez être suivi par un psychologue, mais que vous n’avez pas le budget.


Cela fait des années déjà qu’une prise en charge plus large des frais médicaux liés à la santé mentale était réclamée. C’est aussi une façon de reconnaître les maladies mentales comme aussi importantes que les maladies physiques.

Or, jusqu’à présent, la psychologie était considérée comme de la médecine alternative, alors que les psychiatres bénéficient d’une vraie prise en charge par la sécurité sociale.

La différence réside en partie dans le fait qu’un psychiatre est un médecin, il a fait des études de médecine et une spécialité psychiatrie. À ce titre, il peut prescrire des médicaments, diagnostiquer et aider à soigner les maladies mentales de ses patients. Alors que le psychologue a fait des études de psychologie d’un niveau bac+5, il ne prescrit pas directement de médicament et aide plutôt ses patients à identifier les raisons de leur souffrance et à y remédier.


Pour autant, les problématiques psychologiques sont indéniablement une priorité sociétale puisque notre président affirme qu’un cinquième de la population est concerné par la dépression. Il était donc plus que tant de réagir et de rendre les soins psychologiques plus accessibles, notamment auprès des étudiants, très touchés par la crise, qui n’ont souvent pas les moyens de financer des séances chez un psychologue.

Dorénavant, celles-ci seront prises en charge, et voici les conditions à réunir :

  • Les séances doivent être prescrites par un médecin.
  • Il s’agit d’un forfait de 8 séances, renouvelable sous prescription. (tu l’as compris, il faut donc repasser chez le médecin après 8 séances si tu penses avoir besoin de plus.)
  • La prise en charge est de 40 euros pour la première séance, et 30 euros pour les suivantes.



Si l’on s’accorde à dire que la considération pour les troubles psychologiques et leur meilleure prise en charge est globalement une bonne nouvelle, les modalités de cette aide portent tout de même à débat.


Pour commencer, le fait que ce soit le médecin traitant qui doit prescrire les consultations psys pose problème. D’une part cela rajoute une charge de travail au médecin et paramédicale la profession psy, et d’autre part, cela rend la procédure plus compliquée pour le patient, qui doit justifier son besoin d'assistance psychologique.


Le montant de la prise en charge fait également largement débat, environ 30 euros sans possibilité de dépassement d’honoraire, ce qui précarise la profession de psychologue, puisque le psy est contraint de suivre ces tarifs. Pour les psychologues libéraux (travaillant à leur compte), c’est très loin de suffire à couvrir tous les frais liés à leur activité.


Pour être rentable, il faudrait donc que les psychologues libéraux enchaînent les entretiens de 30 minutes, et assez logiquement, cela ne permet pas d’accompagner correctement un patient.

Beaucoup de psys manifestent donc pour boycotter cette mesure et faire changer la résolution prise par le gouvernement.


Cette initiative du gouvernement fait donc débat, mais pourrait néanmoins permettre à des jeunes notamment, en situation de précarité, de bénéficier d’un suivi psychologique alors que c’était jusqu’à présent une forme de luxe que tout le monde ne pouvait pas se permettre.


Pour ceux que cela intéresse, l’action entrera en vigueur en 2022, vous pouvez donc déjà prendre RDV chez votre médecin traitant pour vous faire prescrire les séances.


Et pour ceux qui auraient besoin de parler tout de suite, on vous invite à lire notre article sur les dispositifs d’aides psychologiques pour les étudiants !

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