Salut les Wayers ! Comment ça va chez vous ? Pas trop tendu l'ambiance avec vos parents en ce moment ?

On vous a préparé un article à double voie pour aider les enfants, et les parents à mieux comprendre les deux côtés de l'orientation.

Bonne lecture :)




Ah, les parents... évidemment, chacun à sa propre relation à ses géniteurs, plus ou moins saine, plus ou moins facile, surtout à l’adolescence. Mais une chose est sûre, la majorité des parents veulent ce qu’il y a de mieux pour toi, et c’est pour ça qu’ils font ce qu’ils font - c’est pas une vérité absolue, on est au courant-. Pour autant ça ne signifie pas qu’ils ont toujours raison, surtout en matière d’orientation et on va t’expliquer pourquoi. 

Pour se faire, on va te proposer deux perspectives : la mienne, celle d’une jeune personne qui a fini par trouver sa voie. Et celle de ma chère maman, qui a toujours eu 2 métiers : Maman de 3 enfants, et prof au collège et au lycée ! 



Ma vision en entrant au lycée :

Personne ne peut savoir mieux que moi ce que je veux vraiment faire. Personne n’est dans ma tête, pas même mes parents. Et après tout, si je n’aime pas les sciences comme mes grands frères, et mes parents, ce n’est pas un drame. Il n’existe pas qu’un chemin unique déjà tout tracé, et une chose est sûre, je ne veux pas suivre celui qu’on trace pour moi, mon truc c’est la littérature et puis c’est tout !


La vision de ma mère prof : 

J’ai toujours été très ouverte d’esprit concernant l’orientation, je me suis tellement ennuyée en cours que j’ai pris deux décisions :

  • être prof pour faire les cours que j’aurais adoré qu’on me fasse,
  • laisser mes enfants libres de leurs choix d’orientation, peu importe qu'ils fassent boulanger ou charpentier. L’important pour moi était qu’ils soient heureux dans leur vie d’adulte.

Mais voilà, contrairement à ce que je pensais ils se sont adaptés tant bien que mal à l’école jusqu’à réussir en filière scientifique, avec une année d’avance pour les deux aînés. Et puis la petite dernière fit son chemin, de façon un peu plus laborieuse, elle devait faire des efforts pour être performante...et elle se trouva une passion pour la littérature en fin de collège. Là je lui ai servi le discours du parent-prof relou : “la L c’est périmé” ! Et puis tous les arguments possibles avec…




Ma vision au moment de choisir une filière :

Je vais devoir choisir une filière, et moi mon truc, c’est les lettres. J’aime écrire, j’aime les langues, j’adore l’histoire, je n’irais pas à l’encontre de mes aspirations, quoi qu’en pense mes parents.

Certes, j’ai toujours eu un fort caractère, pour autant m’affirmer en tant que ‘littéraire’, n’a pas été si évident à cause des stéréotypes autour de cette filière. Malgré tout, c’est ça que j’aimais à l’époque, et j’étais déterminée à ne pas aller à l’encontre de mes envies. Heureusement, mes parents n’ont pas menacer de me jeter à la rue si je persistais dans cette voie.



Sa vision : 

Je savais que ma fille avait du caractère; elle savait que de toute façon je n’irais pas contre sa volonté. Elle a fait “L”, a adoré, a performé comme jamais avant, en étant épanouie dans sa scolarité.

J’ai pris une bonne leçon et suis maintenant la première à discuter avec mes élèves pour qu’ils fassent des choix qui correspondent à leurs aspirations, à leurs compétences, et pas à leurs doutes, leurs peurs ou leurs parents.



Ma vision après quelques mois dans le supérieur : 

Le fait est que mes parents se sont orientés à une autre époque, et que leurs vérités ne sont plus les miennes. De nouveaux métiers émergent tous les jours, notamment avec le numérique, la société change, et la vie professionnelle aussi. Surtout que je ne ferai  sûrement pas le même métier toute ma vie. Je vais sûrement me renouveler, me réorienter, changer en tant que personne et donc en tant que professionnelle.

D’ailleurs, il est peut-être temps de se réinventer, je crois que j’ai fait le tour des Lettres, qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Comment vont le prendre mes parents ? Ben ouais, je suis encore financièrement dépendante. Humm, on va y réfléchir et discuter avec maman.

J’ai eu la chance d’avoir une mère prof, qui avait l’habitude des jeunes paumés, mais surtout, qui est particulièrement bienveillante. Je pense que si ce que je voulais vraiment faire, c’était d'élever des lamas au Pérou, elle m’aurait laissé faire si ça me rendait heureuse. Je pense que tous les parents devraient être comme ça. Les parents sont des conseillers, pas des adjudants, parce que la vérité c’est que vous ne pourrez pas empêcher vos enfants de faire ce qu’ils veulent éternellement. Ce sont vos bébés à tout jamais, mais ils sont devenus grands, et il faut accepter de les laisser prendre des décisions, comme des grands, et les laisser en assumer les conséquences bonnes et mauvaises, c’est comme ça qu’on devient un adulte.


Sa vision : 

Ma fille ne savait pas vraiment vers quoi s’orienter en post-bac, et alors ? La vie est longue et le monde change à une vitesse incroyable, pourquoi nos idées et nos aspirations n’en feraient-elles pas autant ?? Son grand frère avait fait 3 années de STAPS avant de basculer en maths-informatique où il s’est épanoui. En France le droit à l’erreur n’a pas le vent en poupe. Tu choisis une filière, tu as ton diplôme, un CDI dans une boîte où il est de bon ton de passer sa vie...quel ennui ! Tout le monde n’est pas formaté...pour le formatage. Si on ne teste pas, ne cherche pas, sa voie à 18-20 ans, quand s'autorise-t-on à le faire ?

Si l’envie vient d’une vision, d’une motivation profonde, ma seule question est : “ok, comment on va faire pour t’aider dans cette voie ?”

Je dis aujourd’hui à mes parents d’élèves :”vous ne pouvez pas être des guides pour vos enfants car le monde change trop vite. Et celui qu’ils vivront, vous ne le connaissez pas encore. Soyez leur sherpa, leur accompagnateur, tenez leur la main avec amour et foi en eux, pour les aider à avancer sur leur chemin, avec assurance, quel qu’il soit”.



Ma vision aujourd’hui, à 20 ans : 

Ma vision des choses est sensiblement restée la même passer la première année du supérieur. En sortant du lycée, j’ai confirmé ce que je pensais en terminale, je ne voulais plus être une littéraire. Enfin, j’aime toujours écrire, je lis toujours, je suis toujours une littéraire au fond, ça fait partie de moi. Mais je ne voulais plus y dédier mes études, et encore moins ma vie. Dans le littéraire, j’aurais voulu être auteure, ou rien pour paraphraser un grand homme (les littéraires auront la ref). Comme vivre de ses écrits c’est très compliqué dans le monde actuel, et que je ne savais pas vraiment par où commencer, je me suis petit à petit tournée vers d’autres choses qui m’épanouissaient davantage. J’ai exploré d’autres disciplines, d’autres univers, pour trouver ma place. 2 ans plus tard, mes journées sont longues, mon quotidien est prenant, mais je suis à ma place. Je ne pourrais rien faire d’autres qui me corresponde davantage que ce que je fais maintenant, et chers parents, il n’est pas de plus grand bonheur. Alors laissez à vos enfants la chance de le connaître. Laissez les prendre leur destin en main, et soyez les conseillers avertis que vous devez être. Aidez les à se relever quand ils tomberont, avec bienveillance, et célébrez leur victoire. Il n’est pas de meilleur parent que celui qui aide son enfant à devenir celui qu’il doit être. Alors laissez nous être. 


Titre ici